Témoignages

L’histoire de Tara

Tara a 18 ans et est née au Canada. À l’époque, son fils avait trois mois. Il était son deuxième enfant, mais elle était parent pour la première fois. Selon le personnel, la Société d’aide à l’enfance (SAE) lui avait pris son premier enfant parce qu’elle considérait Tara comme une mère à risque. Elle était très jeune, elle avait peu d’éducation, elle avait eu des ennuis avec la loi et avait fait l’objet d’abus de la part d’un beau-père et d’un ancien petit ami. Elle avait terminé la 8e année et avait reçu de l’assistance sociale. Elle avait elle-même admis qu’elle n’était pas prête à être parent lors de la naissance de son premier enfant – elle avait alors 16 ans. Lorsque nous l’avons interviewée, elle était en liste d’attente pour le Centre Youville, une école secondaire pour les jeunes mères, et elle espérait terminer son secondaire. Elle venait d’emménager dans un nouvel appartement et venait de se faire un nouveau petit ami qui, selon le personnel, semblait était mûr et avoir une bonne influence sur elle.

Tara demeurait dans un refuge pour femmes lorsqu’elle a entendu parler du programme de nutrition prénatale. Elle a été envoyée au refuge par des membres du personnel qui croyaient qu’elle bénéficierait du soutien offert par le programme. Elle nous a confié qu’elle avait très peur au début puisqu’elle ne savait pas du tout comment prendre soin d’elle-même pendant sa grossesse ou comment s’occuper d’un bébé : « J’avais beaucoup à apprendre. Avant de venir ici, je n’avais aucune idée comment prendre soin d’un bébé – je ne savais pas comment le laver, changer ses couches ou le nourrir. »

Pour ce qui est du transport pour se rendre au programme, Tara nous a dit que les billets d’autobus ont été très utiles. Bon nombre de femmes habitent très près du lieu de rencontre, mais ce n’était pas le cas de Tara. Elle est très reconnaissante pour le lait et les aliments frais qu’elle reçoit du programme. Elle croit que sans le programme, son fils et elle auraient manqué de nourriture. Elle utilise également la banque alimentaire, mais cette dernière n’offre pas les aliments frais dont son bébé et elle ont besoin. Elle nous a dit que le programme a fait une meilleure mère d’elle. Elle nous a parlé de ses expériences avec son premier enfant, qui a été placé en famille d’accueil parce qu’elle « ne savait rien ». Elle ne savait pas combien de temps cela prenait, s’occuper d’un bébé. Elle participe maintenant à des rencontres hebdomadaires et apprend à être une bonne mère. Elle nous a dit qu’elle était frustrée avant de se joindre au programme, mais qu’elle a maintenant appris différentes techniques, dont : comment masser son bébé, comment calmer son bébé lorsqu’il pleure et d’autres façons de tenir son bébé (par des vidéos). Un des plus grands avantages du programme, selon Tara, était de pouvoir parler à d’autres mères et de recevoir leurs conseils. C’est dans le cadre du programme et des rencontres hebdomadaires que Lena et Tara ont fait connaissance et sont devenues des amies proches. Elles se rencontrent maintenant à l’extérieur du programme. Lena est non seulement l’amie de Tara, mais également un modèle de rôle. Selon Tara, Lena l’a rassurée tout au long de sa grossesse. Tara a eu une grossesse difficile, a été très malade et avait très peur que quelque chose n’allait pas. Lena, qui avait trois enfants, a aidé à soutenir Tara pendant et après sa grossesse.

Un autre détail important dans l’histoire de Tara : jusqu’au moment où elle s’est jointe au programme, la SAE avait une ordonnance de surveillance dans son dossier. Cette ordonnance a été enlevée après que Tara se soit jointe au programme. Il s’agit là d’un solide témoignage en faveur de l’impact positif du programme sur la vie de Tara.

L’histoire de Kyle

Kyle a grandi à Montréal avec sa mère célibataire. Lorsqu’il vivait dans la rue, il a rencontré Brenda, sa partenaire, qui s’était également enfuie de ses parents. C’est lorsque Brenda est tombée enceinte à 16 ans qu’ils ont entendu parler de Grandir ensemble et de la Maison Sainte-Marie. La famille de Brenda vivait à Ottawa, donc le jeune couple a décidé de tenter sa chance et d’emménager chez la mère de Brenda. Cette dernière avait entendu parler de Ça mijote et a suggéré à Brenda de contacter le programme.

Lorsque Brenda a commencé à participer à Ça mijote, elle a entendu parler du Programme des jeunes pères. Elle a encouragé Kyle à participer. Au début, ce dernier était réticent parce qu’il était extrêmement timide. Mais après avoir participé pendant quelques semaines, il s’est aperçu qu’il aimait beaucoup le programme et qu’il « arrivait à interagir avec les autres pères ». Il a déclaré qu’il rencontrait chaque semaine quatre ou cinq personnes qu’il connaissait. Après un certain temps, il se sentait beaucoup plus confiant et n’avait pas aussi peur d’exprimer son opinion.

Kyle a indiqué que le fait de participer au programme l’a également incité à se trouver un meilleur emploi. Il travaillait occasionnellement pour une compagnie de déménagement. Il a commencé à faire des demandes ailleurs et a éventuellement trouvé un emploi dans le département d’expédition d’un grand magasin de produits électroniques. Lui et Brenda ont décidé qu’ils pouvaient maintenant déménager dans leur propre appartement avec leur fils.
Brenda a décidé de retourner à l’école afin d’obtenir ses crédits de secondaire. Pendant qu’elle allait à l’école, Kyle amenait Jamie au Centre de ressources chaque fois qu’il le pouvait afin de participer aux ateliers de Grandir ensemble. Kyle pense qu’il ne serait pas la personne qu’il est aujourd’hui si ce n’était de ces programmes. Il s’est fait de nombreux amis et sait maintenant s’occuper de son fils. Il affirme que sa confiance en lui a également augmenté considérablement.« Je n’arrivais pas à parler aux gens avant. » Maintenant, il se prononce chaque fois qu’on lui pose une question et il répond également par lui-même. Kyle a terminé l’entrevue en affirmant qu’il serait probablement mort aujourd’hui s’il n’avait pas quitté la rue. Il est reconnaissant envers Brenda et leur bébé pour cela, mais rajoute que sans Grandir ensemble et la Maison Sainte-Marie, Brenda et lui ne seraient pas les parents responsables et aimants qu’ils sont aujourd’hui.